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Skin Stories

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22 octobre 2012

Petite sélection du mois

 

Pour cogiter sur sa place dans la société en tant que femme : Virginie Despentes, King Kong Théorie, éd. Grasset (à noter aussi, son documentaire Mutantes (Féminisme Porno Punk))

 

Pour ceux qui ont vu mille fois Sixième Sens et qui connaissent la fin, ou qui jouent trop à Silent Hill : L’échelle de Jacob, Adrian Lyne, 1990

 

La playlist pour ceux et celles qui ont des idées noires et qui aiment ça :

Korn, Make me bad

Massive Attack, Butterfly Caught

David Bowie, The heart’s filthy lesson

Slipknot, My plague

Die Form, Inhuman

Mylène Farmer, Alice

The Cranberries, I still do

Peter Gabriel, Darkness

 

La bonne action à faire : traîner en ville avec une amie qui est fatiguée de bosser, et partager sa bière avec elle.

 

Trois choses à faire avant la fin de ma vie, de préférence avant trente-cinq ans :

Réciter mes poèmes dans la rue et gagner deux ou trois pièces.

Faire un séjour à Paris sans programme bien précis, avec quelques idées de sorties et une folle envie de faire la java.

Constituer un portfolio consacré aux punks à chiens, aux marginaux, aux SDF, et poster un jour le tout sur ce blog dans le cadre d’un article.

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22 octobre 2012

De la difficulté d'être du cinéma (et de regarder à nouveau Canal Plus...)

Il y a peu, j’ai relu Je t’aime Kirk, le journal intime d’Asia Argento, qui fait écho à son film Scarlet Diva (2001). Je ne suis pas là pour la blâmer, j’aime bien cette femme, pas parce que c’est une actrice en vue, mais pour une raison très simple. Se dégager de l’aura d’un grand réalisateur comme Dario Argento, quand on est en plus sa fille, c’est toujours louable. En regardant un jour Trauma (l’un de ses moins bons films, mais agréable à regarder au passage), je me suis dit qu’au fond, la fin d’une gloire en appelle toujours une autre.

 

asia_argento_actu

Aujourd’hui, que fait Dario Argento ? On ne l’a pratiquement plus vu depuis le téléfilm Jenifer, réalisé pour la série américaine Masters of Horror (Dont je vous conseille notamment La Cave et La danse des morts), un peu comme d’autres maîtres du fantastique que sont John Carpenter ou Tobe Hooper (qui ont également oeuvré dans la série.) De beaucoup de réalisateurs de cinéma de genre qu’on a vu apparâitre à la fin des années soixante, peu sont encore en véritable activité, hormis peut-être George A.Romero, qui continue de faire sa route avec sa saga des morts-vivants.

 

A propos de zombies, j’ai d’ailleurs retrouvé une vidéo de feue l’excellente émission Quartier Interdit, diffusée sur Canal Plus au début des années 2000, à l’époque où Canal Plus valait encore quelque chose culturellement parlant (avant que Le Grand Journal de Michel Denisot ne débarque avec son cortège aseptisé de « chroniqueuses » fades). Mettez-vous à ma place ! A l’époque où Karl Zéro y présentait son Vrai Journal, ou on pouvait encore y voir des mangas à peu près intéressants, où la sitcom « H » faisait rire nos grands frères avec Jamel Debbouze et consorts, qui se sont vachement assagis par la suite… C’était un autre esprit, une autre époque, bien avant que TF1 ne soit l’étendard médiatique de Sarkozy.

 

Pour revenir au départ, Quartier Interdit était présenté Par Jean-Pierre Dionnet (le fondateur de Métal Hurlant qui avait également produit et joué avec Philippe Manœuvre dans l’émission Sex Machine, ressortie il y a peu en DVD) ; l’émission était consacrée à ces petites perles du cinéma de genre qu’on ne voyait nulle part ailleurs (admirez l’hommage cathodique) excepté dans le circuit des amateurs de barbaque bien saignante et de phénomènes paranormaux, allant du fantastique au gore pur et dur (La dernière maison sur la gauche y a notamment été diffusé) et de la série B à la série Z. Au menu dans cette vidéo, la critique objective (ce n’est pas du cirage de pompes, c’et vrai) du film d’Andrew Parkinson, Moi, zombie, chronique de la douleur, dont vous pouvez également retrouver la critique sur le site Horreur.com; à chercher sur Youtube...

Mais j’étais partie d’où, déjà ? Ah oui, Asia Argento. La fin d’une gloire (en l’occurrence celle du père) en appelle une autre (celle de la fille). Depuis quelques films, notamment Scarlet Diva, La sirène rouge ou encore Le livre de Jérémie, c’est l’une de nos actrices françaises les moins sages, et cela fait plaisir à voir. Quand on pense au mal fou que peuvent avoir des pseudos chanteuses comme Lady Gaga ou plus récemment Nicky Minaj à vouloir enterrer une Madonna vieillissante et en perte de vitesse, mais qui bouge encore,

Ça fait du bien de voir des actrices comme Asia ou Béatrice Dalle conserver et défendre bec et ongles un bel esprit de rébellion, une sorte d’intégrité qu’on ne retrouve pas chez des comédiennes comme Anaïs Demoustier ou Léa Seydoux, qui semblent tellement lisses qu’on n’arrive pas à oublier qu’au fond, des comme elles, on en croise 40 000 dans la rue.

 

Parfois même, le cinéma me donne l’impression de lire ce vieux conte, Les habits neufs de L’Empereur, ou ce dernier défile devant ses sujets ébahis dont un jeune garçon, le plus sensé de tous, qui remarque que l’Empereur est finalement nu, qu’il n’a rien à montrer. Pareil pour le cinéma, qu’il soit français ou américain. Les actrices, même les plus rebelles, sont bien plus à plaindre que les acteurs, dans le sens où elles sont entourées de trois fois plus de monde (coach sportif, diététicienne, agents, producteurs, attachés de presse, sans compter les amies qui sont en extase devant le fait de côtoyer une star) que ces derniers. Je plains plus ces femmes que je ne les envie, à cause de tout ça. Mais ce n’est pas ma vie, et ce n’est donc, à partir de cet article, plus à moi de juger.

 

 

 

 

22 octobre 2012

Causette et moi

On parle beaucoup, actuellement, du succès grandissant de Causette. Who’s that Girl ? , comme le chantait Madonna à l’occasion d’un de ses films les moins réussis (D’ailleurs, quel film de ou avec Madonna est devenu un succès ? Evita, peut-être.). Mais revenons au point de départ. Causette, c’est ce mensuel féminin qui cartonne en ce moment dans les kiosques, notamment grâce à ses sujets de société très fouillés (ce n’est rien de le dire), ses interviews de figures féminines et féministes à découvrir ou incontournables, comme Benoîte Groult, la performeuse et écrivaine américaine Annie Sprinkle, Claire Brétécher ou plus récemment Noémie Lvovsky dans le numéro de septembre, ainsi que sa rubrique culte de plusieurs pages, intitulée « On nous prend pour des quiches », qui retrace les gaffes et les perles publicitaires, sociétales, quotidiennes du sexisme ordinaire, le tout avec humour s’il vous plait.

 

Mais là ne sont pas les seules qualités de ce féminin hors normes. L’humour laisse parfois la place à la prise de conscience, notamment avec des articles sur nos prétendus petits soucis (autrement dit, nos histoires de cul, les régimes…), sur la politique et la place des femmes dans ce domaine, et (encore) des interviews édifiantes, parmi lesquelles celle d’Oxmo Puccino et Gaël Faye (septembre toujours), Yolande Moreau, Robert Crumb… Et oui, les hommes ont aussi leur place dans Causette ! Loin du cliché de la féministe enragée qui ressemble à s’y méprendre à un Garde Rouge (à ce qu’il parait, une Chienne de garde y arrive très bien), le mensuel réussit à réconcilier nos grands-mères soixante-huitardes et nos mères des années 80, ainsi que ces deux catégories avec nous autres, petites-filles des années 2000, qui cherchons une raison de vivre et de nous battre, à l’ère de la télé-réalité insipide, des bureaucrates tout-puissants qui sont à l’origine du marketing féminin tout aussi despotique, et d’une certaine population féminine française qui se bat entre les couches, la scolarité des enfants, la cire épilatoire, le rouge à lèvres, le dîner en tête à tête du samedi soir…

 

Mais rassurez-vous, mesdames, qui vous battez avec tout ça, je ne vous condamne nullement et je pense bien fort à vous, sachant qu’un jour, ma propre mère s’est battue avec tout ça. Et malgré ses formidables qualités d’emmerdeuse, je l’embrasse, ainsi que vous toutes, que je vous connaisse ou pas.

Causette19_Couv

8 octobre 2012

Sainte Rita (Ou comment je lui ai rendu son humanité)

Je suis loin d’être catholique, mais l’imagerie de cette religion me fait sourire, en même temps qu’elle me donne des idées. L’image de la sainte (ici, Sainte Rita de Cascia) me fait l’effet d’un mensonge. Sur cette icône, on croit qu’elle se suffit à sa blessure au front (une épine l’aurait blessée alors qu’elle priait devant un Christ.). Pour les uns, c’est un miracle. Pour moi, ce serait enfermer cette pauvre Rita dans une sainteté qu’elle aurait acquise seulement après sa mort. Est-ce qu’un saint, et surtout une sainte, s’attend à une telle chose avant de mourir ? Ce ne serait pas logique. Sinon on tombe dans l’orgueil, et le narcissisme. Non. Cette Rita, que j’ai retouchée il y a peu, est partagée. Entre les trois crânes à droite (Ignorance, Douleur et Désespoir, qui forment la mort à eux trois), le Claddagh en bas à gauche et le regard, en haut et du même côté.

 

 Sainte Rita (Human Nature)

Les trois crânes sont les mêmes, de style mexicain. C’est à la fois pour moi un hommage au côté païen de la culture de ce pays (voir le Día de Muertos, avec ses autels très colorés et ses fêtes dans les cimetières), et une forme de contraste, entre Rita bien portante et ce qui l’attend irrémédiablement malgré sa vertu.

Les yeux rouges rappellent un peu ceux du Christ, parfois représenté avec des larmes de sang, en même temps qu’ils ont quelque chose d’infernal. Un peu comme si un ange (Lucifer ? Eros ? Les deux ?) observait Rita.

En revanche, le Claddagh n’a à première vue pas grand chose à voir avec l’ensemble de l’image. C’est un symbole typiquement irlandais, qui remonte aux années 1700 et est utilisé comme signe de disponibilité romantique et bague de fiançailles... Mais c’est justement cette symbolique-là qui donne avec les autres éléments un sens à l’ensemble de l’image.

Rita est en fait partagée, voire déchirée, à en croire l’expression de son visage, entre le don de son cœur (aussi bien spirituellement que amoureusement ou sexuellement) et la résignation à une vie de solitude, de prière et de travail, une mort sociale et charnelle subtilement représentée par les crânes.

Quand au court poème sur l’image, je vous en donne la traduction :

 

Choisir devient plus difficile

Entre l’amour et la foi

Souviens-toi toujours de ces deux sentiments

Comme des deux visages d’un même pouvoir

Ce qui fait de cette image pieuse retouchée un portrait parmi d’autres de la condition humaine, mais plus encore un portrait de femme, tiraillée entre son aspiration à une conscience, une foi plus forte, et entre un amour humain total qui n’aurait justement rien du péché tellement dépeint par les dogmes et les hommes qui les ont décrétés au cours des siècles, un amour sans calcul et sans vice qui aurait tout de sacré.

5 octobre 2012

Satellite of Love (World Onanism Company)

Deuxième retouche photo, deuxième curiosité graphique ! Aujourd’hui, une bien étrange navette entame un voyage vers une galaxie tout aussi folle, qu’on croirait presque sortie d’un clip de groupe type Scissor Sisters (voir leur clip Comfortably Numb sur Youtube, pour savoir de quelle esthétique je parle…)…

 Satellite of Love

 J’avoue en toute humilité que cette photo a tout du collage de débutant, pour ceux qui seraient perplexes. A travers elle, j’ai voulu recréer une certaine esthétique, un peu gay, du genre Pierre et Gilles mais sans les beaux garçons (un peu trop lisses à mon goût) qui leur servent généralement de modèles. Cela dit, je ne suis ni ce duo talentueux, ni même David LaChapelle (un photographe qui a un peu la même esthétique, en plus américaine, et dont j’apprécie le travail). Mais cela ne m’empêche pas de me faire la main…

 

 

Les carpes Koï et les yeux féminins (empruntée d’ailleurs à Pierre et Gilles) en haut de l’image sont une métaphore des deux choses que l’Homme, mais surtout la NASA, s’acharne à chercher et pourquoi pas trouver dans l’infini du cosmos : des traces de vie, notamment sur Mars (sinon pourquoi aurait-on envoyé le robot Curiosity sur cette planète ?), et la présence éventuelle d’une force ou d’une sagesse type Allah, Krishna, Bouddha, ou même Yahvé (vous l’appellerez comme vous voulez, moi j’ai pas envie d’y penser).

 

Petite précision humoristique et d’actualité : Vous remarquerez, sur la « fusée », en fait un vibromasseur devenu blanc grâce à la retouche au négatif de l’image de départ, le fameux World Onanism Company. En plus du satellite, élément central, c’est la petite touche qui (à mon sens) fait la photo.

 

Pourquoi ce nom sur la navette, me demanderez-vous ? C’est simple. Virgin, vous connaissez sans doute. Mais sans doute aussi son patron, Richard Branson, qui a eu l’idée rentable (ou totalement ridicule, c’est selon l’opinion de chacun) d’organiser des voyages dans l’espace pour quelques millionnaires qui seraient prêts à payer le prix fort pour vivre le rêve de quelques passionnés d’astronomie un peu fauchés. Disons que j’ai voulu un peu tourner en dérision ce mercantilisme typiquement américain (d’où le nom anglais) qui entoure le simple fait d’aller passer trois ou quatre jours dans l’espace pour pouvoir dire qu’on l’a fait. J’aurais pu être un peu plus virulente, mais ce n’est pas dans ma nature. Je n’aurais aucune envie qu’une multinationale américaine colle un procès à une internaute française pour avoir fustigé un rêve de milliardaire russe ou qatari…

 

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5 octobre 2012

Une question de bonté

Je me souviens, avant ma première vraie relation sexuelle, de la première fois que j’ai sucé un homme. Pourquoi ? Parce que ce jour-là, jour béni pour ceux et celles qui peut-être me lisent, j’ai fait le don spontané de ma personne sans me demander si je n’en faisais pas trop. Rien à voir avec la fille qui se force. Parce que c’est moi qui ai pris l’initiative.

 

Il faut pas mal d’audace pour la fellation au deuxième RDV avec une personne, et une nature ouverte pour le voir comme autre chose qu’une rançon amoureuse. Beaucoup de filles le font pour faire plaisir au petit copain, comme quelques femmes au mari. Tout est possible, après tout. Mais derrière cette chair au garde-à-vous, qu’on tète, dont on traque la sève avec la bouche ou le corps, il y a sans doute parfois autre chose. Un peu comme Toni Bentley qui, dans son livre Ma reddition, parlait de la sodomie comme de l’expression ultime de l’abandon, je vois la fellation comme un moyen de m’en remettre à celui que je suce. Quand au sperme, je m’entête à me foutre de tout, mais pourvu qu’il soit doux… Je sais, dans mes rêves. Mais pour celles dont l’amant ou le compagnon adore ça, celles qui avalent, vous comprendrez sans doute mon sentiment si je vous dis que le faire est une manière d’accepter la personne, une façon détournée de l’aider à faire corps avec moi. Une forme de fusion, si on veut, peut-être pas toujours aussi forte que le corps à corps, mais une forme de fusion quand même…

 

Petit mot de la fin : il paraît que dans le Kama Sutra, il y a une expression pour désigner la fellation. On dit qu’on suce une mangue. Personnellement, pour rester dans la veine orientaliste, je parlerais bien du baiser au cobra. Suceurs, suceuses, si vous faites un peu de poésie vous comprendrez aisément pourquoi…

 

1 octobre 2012

I am (Autoportrait of a cunt)

Depuis quelques temps je me suis mise à la retouche photo, c'est plutôt sympa, d'ailleurs je vais vous faire profiter de mes oeuvres, dont la première :

Lighter 3

L'attrape-rêves, c'est un symbole qui compte particulièrement pour moi, de par sa signification symbolique. C'est la capacité à apprivoiser la douleur pour la transformer en bonheur.


La diversité des couleurs et des effets signifie que rien n'est jamais noir ou blanc. Que le bien comme le mal possède différentes facettes.


Le scorpion, c'est par rapport à mon signe, mais aussi à
sa signification, sa symbolique amoureuse et sexuelle.


Pour vous faire plaisir, traduction du texte :


je suis le fantôme

je suis le trou

je suis le magnifique

je suis la cocaïne

je suis le calmant

je suis la genèse (ou l'origine)

je suis la crise

je suis l'avaleur

28 septembre 2012

Advienne que pourra

Il y a quelques jours, j'ai eu un déclic en consultant un blog ; un gars qui oeuvre dans le bondage (ou plus exactement shibari, bondage japonais) et dont j'ai appris qu'il cherchait des modèles. J'ai décidé de me proposer. En laissant mes coordonnées, en attendant ce qui adviendra de tout ça.

C'était un déclic très intime, comme une espèce de révélation qui vous prend aux tripes. Mes raisons de prendre cette voie sont diverses, mais elles ne sont jamais futiles.


Je les livrerai plus tard. Il est trop tôt pour en dire plus, et je ne veux pas me réjouir trop vite. Ce serait laisser du champ à lune éventuelle déception.


En revanche, ce serait un bon moyen de me dépasser. Aussi bien physiquement que moralement. Ne plus avoir peur de ma nudité, la voir comme un prolongement de moi, et non comme une part atrophiée de moi.

Nobuyoshi Araki, Kinbaku (bondage), 1979-2007

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